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"UN PEU D'HISTOIRE" LES CHRONIQUES DE "NICE MATIN" D'EDMOND ROSSI

LA SOCIETE LAURENTINE AU XIXe SIECLE

LA SOCIETE LAURENTINE AU XIXe SIECLE

LE VILLAGE DE SAINT-LAURENT DU VAR AU XIXéme SIECLE

En 1819, Saint Laurent du Var compte 600 habitants. Le village doit tout au torrent du Var, en premier lieu le sol de sa commune. Les collines sèches de sédiments et de galets, livrées à la pinède, à l'olivier et à la vigne, sont un don du grand delta quaternaire. Le village ignore la mer proche. On y compte accidentellement des marins et des pêcheurs. Ses préoccupations sont terriennes et accessoirement fluviales.
Jusqu'en 1860, St Laurent est politiquement un village frontière. Le Var inférieur sépare la Provence française de la Province de Nice, l'une des composantes des Etats de la Maison de Savoie.
La vie frontalière s'arrête en temps de guerre. Les riverains sont contraints d'épouser les querelles de leurs souverains. Le récit en est long du XIVème au XVIIIème siècle et déborde sur le XIXème siècle. Le flux et le reflux des armées austro-sardes de juillet à décembre 1815 est le dernier des avatars auquel est soumis le village. La paix revient en 1816. Elle ne sera plus troublée avant 1942 et les bombardements aériens de 1941.
Forts d'une expérience locale aussi riche, les Laurentins du début du XIXème siècle ont des raisons suffisantes pour s'être forgé une tradition de cosmopolitisme éveillé mais prudent. Ouverts au monde pour le meilleur et pour le pire, ils ont leurs réactions propres, différentes de l'expérience acquise dans des villages plus à l'écart de la voie littorale ou isolés dans la montagne de l'arrière pays de Grasse.

Au cours de son histoire, le village fut quatre fois déserté et repeuplé, notamment en 1468 où se Fixèrent des familles de la Riviera génoise. Un passé aussi mouvementé pèse sur la démographie.
En 1749, un état général sur les ressources de la commune donne 149 âmes de communion. Ils sont 293 entre 1793 et 1800. Le village se repeuple au cours de la longue paix du XIXème siècle. 731 habitants en 1831, y compris 23 employés des douanes et 6 gendarmes, pour atteindre 837 personnes en 1841. Il Fléchit en 1860 quand les frontières sont reportées au-delà de Menton.
En 1881, elle commence son ascension au-delà de 1000 habitants.
L'histoire interne de la commune, telle qu'on la suit à travers les délibérations du Conseil Municipal du XIXème siècle révèle un constant embarras dû à l'accroissement de la démographie. Il a des incidences directes sur la politique scolaire du municipe.

Les registres de catholicité du XVIIIème siècle donnent un aperçu sommaire de la société Laurentine. Lors de la rédaction des actes, le desservant de la paroisse porte, de temps à autre, une indication sur l'état social des témoins. Il distingue le travailleur, le mesnager et le bourgeois. On comprendra que le travailleur dispose de peu de biens Fonciers. Ni l'intéressé déclarant, ni les témoins de sa catégorie sociale ne signent les déclarations de naissance et les actes de mariage "et signé qui a su" demeure une formule rituelle sans réponse. Sous la rubrique "mesnager" apparaît la gamme des petits et moyens propriétaires. Ils seront les cultivateurs de la nomenclature du siècle suivant. Environ un témoin sur trois signe avec le curé. L'épithète "bourgeois" est accordée au notaire du lieu, au lieutenant-juge, au maître chirurgien, à des fonctionnaires civils et militaires retraités à St Laurent. Tous signent au registre de même que le fonctionnaire en activité, le contrôleur, le receveur, les employés des fermes du Roy, le brigadier de ce lieu, témoins à l'occasion des naissances et des mariages.
Antérieurement à 1789, le seigneur n'a aucun lien avec la vie effective du village. Le dernier en titre est un avocat de Nice, seigneurie de robe aux intérêts purement fiscaux.